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Le Gabon numéro 1 de la Cemac… mais l’État serre la vis fiscale

Le tableau macroéconomique gabonais envoie des signaux contrastés mais globalement positifs. Selon les projections de la Banque mondiale, le Gabon devrait afficher en 2026 la meilleure croissance de la zone Cemac, à 3,7 %, à égalité avec le Cameroun, une performance portée par la diversification économique engagée ces dernières années, notamment autour du secteur minier et du lancement de l’exploitation du gisement de fer de Belinga.

Sur le plan des prix, la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale relève un net apaisement : l’indice des prix à la consommation s’est replié de 0,2 % au premier trimestre 2026, ramenant l’inflation annuelle à un niveau modéré de 0,9 %, une rupture avec la spirale haussière observée en 2025. Ce résultat découle directement des mesures de régulation prises par les pouvoirs publics — renforcement du contrôle de la mercuriale des prix et suspension temporaire des droits de douane sur les denrées de première nécessité.

Ce relâchement inflationniste intervient toutefois dans un contexte de resserrement de la discipline fiscale. Le 8 septembre 2026, le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations a annoncé la suspension des effets des conventions et décisions accordant des exonérations fiscales et douanières, dans le cadre d’un audit des contreparties liées à ces avantages. Une mesure justifiée par l’ampleur des manques à gagner constatés : plus de 209 milliards de francs CFA de pertes douanières et 74 milliards de francs CFA de manque à gagner fiscal enregistrés sur les sept premiers mois de l’année. Ce durcissement traduit la volonté de l’exécutif de sécuriser les recettes non pétrolières, alors que le secteur des hydrocarbures continue de peser sur la conjoncture.