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Hausse du prix du pétrole : des effets contrastés pour l’économie gabonaise

La flambée du prix du baril de pétrole provoquée par les tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran pourrait avoir des impacts à la fois positifs et négatifs pour l’économie gabonaise. C’est l’analyse du Dr Rodrigue Ndeghano, enseignant-chercheur à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de l’Université Omar Bongo (UOB).

Des recettes publiques potentiellement en hausse

Selon le Dr Ndeghano, l’augmentation du prix du pétrole sur les marchés internationaux peut constituer une opportunité pour un pays producteur comme le Gabon. Une hausse du baril se traduit généralement par une augmentation des recettes publiques provenant des taxes pétrolières et des redevances.

Par exemple, si le prix du baril passe de 70 à 100 dollars, les revenus générés par les exportations pétrolières peuvent augmenter significativement. Ces ressources supplémentaires pourraient permettre à l’État de financer davantage de projets publics, notamment dans les infrastructures, l’éducation ou la santé.

Des risques pour le pouvoir d’achat et les finances publiques

Toutefois, cette hausse du prix du pétrole comporte également des effets négatifs. L’augmentation des coûts de l’énergie et du transport entraîne souvent une hausse généralisée des prix des biens de consommation.

Le transport des marchandises devient plus coûteux, ce qui peut se répercuter sur les prix des produits alimentaires et d’autres biens essentiels sur les marchés locaux.

De plus, si l’État choisit de maintenir une politique de subvention des carburants afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages, il devra mobiliser davantage de ressources budgétaires. Cette situation pourrait accentuer la pression sur les finances publiques.

Les risques liés à une fermeture du détroit d’Ormuz

Le chercheur souligne également que la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran aurait des conséquences majeures pour les marchés énergétiques mondiaux. Ce passage maritime stratégique assure le transit d’une part importante du pétrole et du gaz à l’échelle mondiale.

Une telle fermeture perturberait l’approvisionnement international en énergie et entraînerait une forte hausse des prix.

Pour le Gabon, les conséquences pourraient être significatives. Bien que le pays soit producteur de pétrole, il importe une partie de ses produits pétroliers raffinés. Une perturbation des marchés internationaux pourrait donc provoquer une augmentation du prix de l’essence et du diesel, ainsi que des tensions sur l’approvisionnement énergétique.

Renforcer la résilience économique

Face à ces risques, les autorités publiques disposent de plusieurs leviers pour limiter l’impact sur l’économie et les ménages. La politique de subvention des carburants constitue l’un des principaux outils pour stabiliser les prix à la pompe et contenir l’inflation.

Cependant, d’autres mesures pourraient renforcer la résilience économique du pays. Le développement d’énergies alternatives, comme l’hydroélectricité ou l’énergie solaire, permettrait de réduire la dépendance au pétrole.

Le gouvernement pourrait également encourager le développement des transports publics afin de diminuer la consommation de carburant, tout en mettant en place des aides ciblées pour soutenir les ménages les plus vulnérables.

Selon le Dr Rodrigue Ndeghano, ces stratégies permettraient non seulement d’atténuer les effets de la volatilité des prix de l’énergie, mais aussi de renforcer la sécurité énergétique et la stabilité économique du Gabon.