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Médias : Germain Biahodjwo dresse un diagnostic sans concession du secteur

Invité de l’émission « Le gouvernement s’exprime » sur Gabon 24, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjwo, a présenté un état des lieux détaillé du secteur placé sous sa tutelle, mettant en évidence d’importants défis technologiques, humains et juridiques.

Dès l’entame de son intervention, le membre du gouvernement a reconnu l’existence de « plusieurs dysfonctionnements structurels » affectant le domaine de la communication. Il a indiqué avoir conduit des consultations approfondies avec les responsables administratifs, les organisations syndicales et les personnels concernés afin d’identifier les principales difficultés.

Au rang des priorités figure la modernisation technologique. Le ministre a évoqué « un dysfonctionnement technologique flagrant », soulignant l’obsolescence des studios et des plateaux techniques. Il a également pointé le retard accusé dans la migration vers le numérique, qualifié de « retard critique » pour les médias nationaux à l’heure de la transformation digitale.

Sur le plan des ressources humaines, Germain Biahodjwo a relevé une inadéquation entre les exigences actuelles du secteur et les profils disponibles. Il a déploré un déficit de formation spécialisée, estimant nécessaire de renforcer les compétences pour répondre aux nouveaux enjeux de la communication moderne.

Le cadre juridique n’échappe pas à ce diagnostic. Selon le ministre, la réglementation en vigueur n’est plus adaptée aux évolutions technologiques ni à l’émergence de nouveaux acteurs médiatiques. Il plaide ainsi pour une réforme en profondeur, intégrant notamment les défis liés à l’intelligence artificielle, dont l’essor transforme progressivement les pratiques professionnelles.

Outre la modernisation des équipements, le ministre a insisté sur la nécessité d’améliorer le climat interne au sein des structures publiques du secteur. Il a évoqué un déficit de confiance et de dialogue, exacerbés par des questions de régularisation administrative et de paiement de primes, rappelant que « le problème de régularisation est général dans l’administration publique ».

Enfin, la question du financement des médias a été présentée comme un enjeu central. Germain Biahodjwo appelle à une meilleure mobilisation des ressources propres des différentes entités afin de renforcer leur autonomie et leur performance.

Face à ces multiples défis, le ministre annonce une réforme juridique globale, couplée à une modernisation technologique et à une nouvelle approche du management des ressources humaines. L’ambition affichée : faire du secteur de la communication et des médias un levier moderne et performant au service du développement national.