Implantée sur une superficie de 100 hectares dans la province de Mouila, la future université de Mouila prend progressivement forme. Longtemps resté en attente, ce projet structurant pour l’enseignement supérieur gabonais connaît aujourd’hui une avancée significative malgré d’importants défis techniques.
Un projet relancé après plus de vingt ans
Lancée en 2005 sous l’impulsion de l’ancien président Omar Bongo, la construction de l’université de Mouila n’avait jamais véritablement démarré. Ce n’est qu’en février 2025, durant la transition politique qu’a connue le Gabon, que les travaux ont effectivement débuté.
Prévu sur une durée de cinq ans, le chantier affiche déjà un taux d’exécution estimé à 30 % en février 2026. À terme, l’établissement devra accueillir jusqu’à 3 000 étudiants, renforçant ainsi l’offre d’enseignement supérieur dans le pays.
Huit bâtiments sortent de terre
Sur les 100 hectares du site, les fondations des huit bâtiments principaux sont désormais visibles. Initialement, les autorités avaient demandé la construction de trois bâtiments pour la première phase :
-
La faculté des Arts et Métiers
-
La Faculté des Sciences
-
Le Rectorat
Cependant, la direction de l’entreprise en charge des travaux a opté pour une stratégie plus ambitieuse.
« Les autorités nous ont demandé de faire au départ trois bâtiments pour la première phase. (…) Notre PDG a voulu que nous nous arrimions à la vision du président, c’est-à-dire construire vite et sortir tous les projets. Il a donc décidé de lancer les huit bâtiments et, à une certaine hauteur, nous nous concentrerons sur les trois prioritaires », explique Isaac Ogandanga, chef de projet.
Cette approche vise à accélérer la dynamique du chantier tout en respectant les priorités fixées par l’État.
Un sol instable, un défi technique majeur
Le principal obstacle rencontré par les ingénieurs concerne la nature instable du sol, incapable de supporter des structures lourdes comme le bâtiment R+5 de la faculté des Arts et Métiers, dont le poids prévisionnel dépasse les 1 000 tonnes.
Pour y remédier, les équipes techniques ont procédé à une reconstitution complète du sol.
« Nous avons procédé à une reconstitution du sol sur 5 mètres pour des bâtiments d’environ 3 000 m² d’emprise au sol. Nous avons substitué le sol en mettant des blocs rocheux en latérite sur une hauteur de 5 mètres, compactés, écrasés et émiettés. Les études géotechniques ont été réalisées en amont pour vérifier la faiblesse du sol et ensuite sa portance », précise Isaac Ogandanga.
Cette technique de substitution permet désormais de garantir la stabilité des futures infrastructures.
Un levier stratégique pour le développement régional
Au-delà du chantier, l’université de Mouila représente un enjeu majeur pour la province et pour le Gabon. Elle incarne une ambition vieille de plus de vingt ans : faire de cette région un pôle d’excellence académique et scientifique dans la sous-région.
Avec une capacité d’accueil de 3 000 étudiants, l’établissement contribuera à :
-
Renforcer l’offre de formation supérieure à l’intérieur du pays
-
Limiter l’exode académique vers la capitale ou l’étranger
-
Dynamiser l’économie locale
-
Valoriser les compétences nationales
Si le rythme des travaux se maintient, l’université de Mouila pourrait devenir l’un des projets éducatifs les plus structurants du Gabon contemporain.












