Alors que la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, appelait à la fin de l’année 2025 à barrer la route à la violence numérique, la Haute Autorité de la Communication (HAC) semble avoir répondu à cet appel à travers la mesure annoncée mardi 17 février. Dans un univers digital où la parole circule sans frontières, mais parfois aussi sans limites, les autorités entendent désormais reprendre le contrôle.
Sur Facebook, X (ex-Twitter), Instagram ou TikTok, certains internautes diffusent menaces, injures ou appels à la violence avec une facilité inquiétante, souvent sans mesurer la portée de leurs propos. Derrière l’écran, beaucoup confondent liberté d’expression et droit à l’intimidation, se croyant protégés par l’anonymat ou la distance. Une dérive que la HAC souhaite désormais endiguer.
Une escalade alimentée par la polarisation et les algorithmes
Ces contenus émergent fréquemment dans un climat de polarisation croissante. Les plateformes, à travers leurs algorithmes, favorisent les émotions fortes, les réactions immédiates et les discours clivants. Pour certains utilisateurs, plus une publication choque, plus elle se propage. La menace devient alors un outil de visibilité, où l’excès sert de moteur à l’attention.
Des conséquences humaines bien réelles
Mais derrière chaque message violent se cache une victime : personnalité publique, journaliste, élu ou simple citoyen, exposé à une pression psychologique intense. Zita Oligui Nguema avait d’ailleurs alerté sur l’impact profond de cette violence, soulignant que « cette violence touche nos filles, nos femmes, nos familles ».
Dans ce contexte, un commentaire agressif en entraîne souvent d’autres, créant un effet de meute numérique qui banalise l’intolérable et fragilise la cohésion sociale.
Vers une culture du débat plus responsable
Face à cette situation, le régulateur semble décidé à ne plus tolérer les dérives. L’objectif affiché est de promouvoir une culture du débat plus respectueuse et responsable sur les plateformes numériques.
C’est dans cet esprit que les autorités gabonaises entendent s’engager, comme l’a rappelé Germain Biahodjwo, ministre de la Communication et des Médias, lors de son point de presse tenu mercredi 18 février.
À travers cette nouvelle posture, la HAC affirme sa volonté de préserver la dignité humaine, la stabilité des institutions et l’unité nationale, dans un espace numérique devenu un enjeu central pour la société gabonaise.












