Les jeunes Gabonais sélectionnés pour devenir les futurs cadres du projet minier Ivindo Iron ont tous été recalés à l’entrée des universités australiennes où ils devaient poursuivre leur formation. Envoyés à l’étranger dans la perspective de préparer l’exploitation du gisement de fer de Bélinga, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, ces candidats représentaient un investissement humain stratégique, censé doter le pays de compétences nationales dans les métiers des mines, de la géologie et de la métallurgie.
Issus de filières scientifiques, avec des niveaux allant de la terminale scientifique au Master II, ils avaient bénéficié d’un dispositif préparatoire comprenant notamment une formation intensive en langue anglaise sur plusieurs mois. Cette phase devait leur permettre d’atteindre le niveau requis pour intégrer les universités australiennes et suivre ensuite un cursus technique et universitaire conforme aux standards internationaux. Malgré cet accompagnement, aucun d’entre eux n’a été admis à l’issue du processus de sélection académique.
Selon les éléments disponibles, les candidats ont été confrontés à des insuffisances majeures. À un niveau jugé faible en anglais se sont ajoutées des lacunes importantes en mathématiques, en sciences physiques, en chimie et dans les disciplines techniques. Ces carences, relevées lors des évaluations, ont conduit à leur élimination collective, suscitant incompréhension et inquiétude quant à la qualité de leur formation initiale.
Cet échec pose désormais une question de fond : comment des élèves et étudiants ayant validé des parcours scientifiques au Gabon peuvent-ils se retrouver unanimement recalés à l’entrée d’universités étrangères ? Le problème réside-t-il uniquement dans la barrière linguistique ou révèle-t-il des faiblesses structurelles plus profondes du système d’enseignement supérieur et secondaire, notamment dans les matières scientifiques et techniques ?
Au-delà du cas Ivindo Iron, cet épisode relance le débat sur l’adéquation entre les diplômes délivrés localement et les exigences académiques internationales. Il interroge la pertinence des programmes, le niveau d’exigence dans l’évaluation, ainsi que la formation et la mise à niveau des enseignants. Autant de questions qui, désormais, s’imposent au cœur de la réflexion sur l’avenir de l’enseignement supérieur gabonais et sur la capacité du pays à former ses propres cadres pour porter ses projets structurants.
Source : Le Soleil (hebdomadaire)












