À Port-Gentil, l’arrivée du nouveau Maire, Pascal Houangni Ambouroue, à la tête de l’exécutif municipal ne laisse personne indifférent. Depuis plusieurs semaines, un malaise perceptible traverse certains services de la Mairie de Port-Gentil, où une frange de responsables administratifs et techniques manifeste ouvertement ou en sourdine son mécontentement face au rythme de travail désormais imposé.
En cause, selon plusieurs sources internes, la volonté affichée du Maire de rompre avec des pratiques longtemps tolérées au sein de l’administration municipale. « Il est venu mettre le personnel municipal au travail », confie un agent sous couvert d’anonymat. Une posture assumée par le principal intéressé, qui ne cache ni ses intentions ni sa méthode.
« Je ne suis pas venu me faire aimer, mais réaliser ce que le Président attend de moi pour la capitale économique », aurait-il déclaré lors d’une rencontre avec des responsables municipaux.
Cette ligne de conduite tranche avec les habitudes antérieures. Pour certains responsables, le changement est brutal. Ils évoquent un climat qu’ils jugent excessivement contraignant, allant jusqu’à parler de « dictature administrative ». « On nous demande trop, trop vite », glisse un cadre, estimant que la charge de travail imposée dépasse ce qui se faisait jusque-là.
À l’inverse, d’autres voix, au sein même de l’administration municipale, saluent une rupture qu’ils estiment nécessaire.
« On n’a jamais travaillé comme ça. Nous, on ne connaît pas ça ici. Et c’est bien que ça change quand même », confie sans détour un directeur, pour qui cette nouvelle exigence constitue enfin une réponse au dysfonctionnement chronique de la mairie.
Pour ces partisans du changement, l’exécutif municipal ne fait que rétablir des normes élémentaires de présence, de rendement et de responsabilité.
Ce climat de tensions s’inscrit dans un contexte plus large. Quelques semaines plus tôt, la décision du Maire de placer une partie des agents municipaux sur bon de caisse pour la fin du mois de décembre avait déjà suscité de vives réactions. Une mesure motivée, selon la mairie, par un double constat : une situation d’absentéisme notoire au sein des services municipaux et une masse salariale particulièrement lourde, absorbant près de 90 % des revenus de la commune.
Avec plus de mille agents recensés, la municipalité serait également confrontée à la présence d’un nombre important d’agents dits « fantômes », inscrits sur les effectifs mais absents des postes de travail. Une réalité que le nouvel exécutif entend corriger, au risque de froisser des habitudes bien ancrées.
Entre crispations internes et adhésion silencieuse d’une partie du personnel, la méthode du Maire divise. Mais pour l’heure, l’homme semble déterminé à poursuivre sa ligne, convaincu que la transformation de Port-Gentil passe nécessairement par une administration plus rigoureuse, plus présente et tournée vers des résultats concrets.












