La décision de la justice française de confisquer une partie des biens immobiliers et avoirs bancaires liés à la famille Bongo continue de provoquer de vives réactions, aussi bien à Paris qu’à Libreville. Alors que la France envisage désormais de nationaliser ces propriétés acquises illégalement, une citoyenne gabonaise, Elvire Nancy Dikigou, s’y oppose frontalement. Pour elle, ces biens ne peuvent en aucun cas revenir à l’État français : ils appartiennent au peuple gabonais, spolié pendant des décennies par le système Bongo.
Pour cette Gabonaise, les choses sont simples : si ces immeubles, comptes bancaires et sociétés-écrans sont qualifiés de “biens mal acquis”, c’est qu’ils ont été financés par le détournement massif des caisses publiques gabonaises. Dès lors, ils doivent être restitués aux Gabonais eux-mêmes. « Punir le voleur ne doit pas conduire à confisquer le butin », dénonce-t-elle dans sa pétition, qui réclame la rétrocession de l’intégralité des avoirs saisis.
La France, de son côté, affirme vouloir réinvestir ces biens dans ses propres programmes publics. Une perspective qui, pour de nombreux Gabonais, revient à légitimer un enrichissement indirect sur le dos d’un pays déjà ravagé par un demi-siècle de prédation financière. L’argument de la souveraineté populaire prend d’autant plus de poids que les détournements de fonds avérés concernaient des budgets destinés à la santé, à l’éducation, à l’eau potable ou aux infrastructures.
Dans ce contexte, Elvire Nancy Dikigou a décidé d’élever la voix. Elle a officiellement déposé un courrier à l’Ambassade de France à Libreville, sollicitant que la lettre soit transmise directement au Président Emmanuel Macron. Une ampliation a également été envoyée aux autorités gabonaises, afin d’alerter l’État et de l’encourager à défendre la position du peuple sur la scène diplomatique. L’objectif est clair : rappeler que ces biens doivent revenir à ceux qui en ont été privés.
La démarche met en lumière un débat fondamental : les pays occidentaux peuvent-ils conserver des biens reconnus comme frauduleux lorsqu’ils proviennent d’États appauvris ? Pour la société civile gabonaise, il est impensable que des biens financés avec l’argent du contribuable gabonais soient absorbés par les finances publiques françaises, même au nom de la lutte anticorruption. La restitution doit être totale, transparente, et orientée vers le développement du Gabon.
Alors que le climat politique reste marqué par les révélations d’affaires financières impliquant l’ancien régime, la mobilisation citoyenne prend une ampleur nouvelle. La pétition d’Elvire Nancy Dikigou, largement relayée sur les réseaux sociaux, symbolise cette volonté de tourner la page de l’impunité et de réclamer justice, cette fois en faveur du peuple gabonais.
Pour celles et ceux qui souhaitent soutenir cette initiative, la pétition est accessible via le lien suivant :
https://www.change.org/p/gabon-appel-à-la-restitution-des-biens-confisqués-par-la-france












