De nouvelles révélations ont émergé au procès de la “Young Team”, impliquant directement l’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddine Bongo Valentin. Des témoins évoquent une gestion opaque de 80 milliards de FCFA destinés à la campagne présidentielle de 2023 et des dépenses personnelles estimées à 2 milliards de FCFA par an.
Les audiences du procès de la “Young Team”, en cours à Libreville, continuent de dévoiler l’ampleur des dérives financières présumées sous le régime déchu. Selon le témoignage de Kim Oun, ancien proche collaborateur du couple Bongo, Sylvia Bongo et son fils Noureddine auraient directement supervisé un budget colossal d’environ 80 milliards de FCFA, alloué à la campagne présidentielle d’août 2023. Ces fonds, selon le témoin, auraient été gérés en dehors des circuits officiels de l’État, échappant à tout contrôle administratif ou comptable.
Mais les révélations ne s’arrêtent pas là. Le même témoin a affirmé que l’État gabonais aurait pris en charge chaque année environ 2 milliards de FCFA de dépenses personnelles pour l’ancienne Première dame. Ces sommes auraient servi à l’achat de bijoux, de vêtements de luxe et d’œuvres d’art, transitant par un réseau de sociétés fictives liées à la famille Bongo.
Ces déclarations renforcent l’image d’un système parallèle de gestion financière, où des ressources publiques étaient détournées pour financer des intérêts privés. Plusieurs entités créées sous couvert d’activités économiques auraient servi à masquer la traçabilité des fonds, transformant les finances publiques en un outil de pouvoir et d’enrichissement personnel.
Le ministère public entend désormais retracer le parcours de ces flux financiers et identifier les complicités institutionnelles ayant permis leur dissimulation. Ces révélations alimentent les attentes d’une justice exemplaire dans un procès perçu comme un test majeur pour la lutte contre la corruption et la restauration de la confiance dans les institutions gabonaises.
Le dossier de la “Young Team”, par l’ampleur des montants évoqués et la stature des personnalités mises en cause, cristallise désormais tous les regards. Les prochaines audiences devraient permettre de confronter les témoins, d’examiner les documents comptables et de déterminer les responsabilités dans ce scandale d’État qui secoue le pays.












