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Football gabonais : entre flou sportif et tensions institutionnelles

À l’approche du tournoi Fifa Series et de l’élection à la tête de la Fégafoot, le football gabonais traverse une période d’incertitudes marquée par des choix sportifs discutés et des tensions en coulisses.


Le football gabonais s’engage dans une zone de turbulences. À quelques jours du tournoi international Fifa Series prévu en Ouzbékistan, l’équipe nationale, les Panthères du Gabon, se prépare dans un climat d’incertitude. En parallèle, l’élection du président de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) suscite déjà de vives tensions, alimentant les inquiétudes autour de l’avenir de la discipline.

Sur le plan sportif, le sélectionneur national par intérim, Anicet Yala Ngoukou, a dévoilé une liste de 23 joueurs. Un choix marqué par une volonté d’intégrer de jeunes talents, tout en maintenant un certain équilibre. Mais cette stratégie interroge. Beaucoup de ces joueurs, encore en phase de progression, peinent à s’imposer aussi bien en sélection que dans leurs clubs respectifs, souvent modestes.

La tâche du technicien s’annonce d’autant plus complexe qu’il dispose de peu de temps pour préparer son équipe. Entre manque de préparation, absence d’acclimatation aux conditions en Ouzbékistan et pression des résultats, cette participation s’apparente à un véritable défi. À moins d’un sursaut inattendu, la mission pourrait s’avérer périlleuse.

Sur le plan institutionnel, les tensions sont tout aussi palpables. L’élection à la présidence de la Fégafoot cristallise les critiques. Le président sortant, Pierre Alain Mounguengui, est accusé par certains candidats d’avoir verrouillé le processus électoral pour se maintenir à son poste. Une situation dénoncée notamment par Dieudonné Ndoumbou Likouni, ancien président du Comité de normalisation, qui évoque un système biaisé.

Le spectre d’une crise similaire à celle de 2013 plane sur le football gabonais, surtout si les conditions de participation à l’élection venaient à exclure certains prétendants. Une hypothèse d’autant plus préoccupante que les résultats sportifs récents, notamment l’échec des Panthères lors de la dernière CAN, fragilisent davantage la gouvernance actuelle.

Enfin, une autre zone d’ombre persiste : celle de la nomination du futur sélectionneur national. Là encore, des critiques émergent contre la Fégafoot, accusée de ne pas avoir suffisamment valorisé les techniciens locaux dans le processus de sélection. Entre informations contradictoires et manque de transparence, le dossier semble enlisé, suscitant des réserves jusque dans les sphères du ministère des Sports.

Entre incertitudes sportives, tensions électorales et flou autour de la direction technique, le football gabonais aborde une période décisive. Les prochaines semaines pourraient bien déterminer l’orientation future d’un secteur en quête de stabilité et de renouveau.