Le président sortant Denis Sassou Nguesso a été largement reconduit à la tête du Congo-Brazzaville dès le premier tour de la présidentielle. Un scrutin marqué par des contestations de l’opposition et un dispositif sécuritaire renforcé.
Denis Sassou Nguesso a été réélu président du Congo-Brazzaville pour un cinquième mandat, selon les résultats provisoires annoncés mardi 17 mars à la télévision nationale. Le chef de l’État, âgé de 82 ans, a obtenu 94,82 % des suffrages exprimés, soit 2 507 038 voix.
Le taux de participation est estimé à 84,65 %, a précisé le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou. Ces résultats doivent toutefois encore être validés par la Cour constitutionnelle.
Au pouvoir depuis plus de quarante ans cumulés, Denis Sassou Nguesso est ainsi reconduit jusqu’en 2031. Cette nouvelle victoire s’inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par une opposition qui conteste régulièrement la transparence des scrutins depuis 2002.
Le vote de dimanche s’est déroulé sous haute surveillance. Les autorités ont notamment ordonné la fermeture des commerces, interdit la circulation des véhicules et déployé un important dispositif sécuritaire dans la capitale, Brazzaville. L’accès à Internet a également été coupé sur l’ensemble du territoire, comme lors de la précédente présidentielle en 2021.
Malgré un taux de participation élevé annoncé officiellement, des journalistes présents sur place ont constaté une faible affluence dans plusieurs bureaux de vote. En raison de la coupure du réseau, il a été difficile d’évaluer la mobilisation réelle des électeurs à l’échelle nationale.
Le scrutin s’est tenu en l’absence des principaux partis d’opposition, qui ont boycotté l’élection, dénonçant des conditions ne garantissant pas un vote libre et transparent. Les six candidats en lice face au président sortant étaient peu connus ou disposaient d’une faible base politique.
Par ailleurs, deux figures majeures de l’opposition, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, restent détenues après leur condamnation à vingt ans de prison pour atteinte à la sécurité intérieure.
Alors que la Constitution limite en principe les mandats, la question de la succession de Denis Sassou Nguesso à l’horizon 2031 demeure posée. Le président a indiqué ne pas vouloir rester indéfiniment au pouvoir, évoquant la relève des jeunes, sans toutefois désigner de successeur.












