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Libreville : 274 détenus libérés pour détention irrégulière à la maison d’arrêt

Au total, 274 détenus ont été remis en liberté ce lundi à la maison d’arrêt de Libreville. Cette décision, portée par le ministre de la Justice Augustin Émane, fait suite à une enquête révélant de nombreux cas de détention irrégulière.

Deux cent soixante-quatorze (274) détenus ont été libérés ce lundi à la maison d’arrêt de Libreville, lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux chargé des Droits humains, Augustin Émane.

Ces personnes étaient maintenues en détention irrégulière. Certaines avaient déjà purgé leur peine sans être libérées, tandis que d’autres étaient incarcérées sans jugement, en dépit de délais légaux largement dépassés pour les faits qui leur étaient reprochés.

La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs autorités judiciaires et administratives, notamment l’inspecteur général des services du ministère de la Justice, Appolinaire Ondo Mve, le procureur général près la cour d’appel judiciaire de Libreville, Dr Eddy Minang, le procureur de la République, Fabrice Dick Boungou, ainsi que le commandant en chef de la sécurité pénitentiaire, le général Jean Germain Effayong.

Prenant la parole, le garde des Sceaux a rappelé les engagements pris à sa nomination : « Le 1er janvier 2026, lorsque j’ai été nommé, la feuille de route qui m’a été fixée par le chef de l’État comportait notamment la réforme de la justice et le respect des droits humains. Ce qui se passe aujourd’hui illustre ce respect de l’État de droit. »

Reconnaissant des dysfonctionnements au sein du système judiciaire, il a ajouté : « Aujourd’hui, il s’agit de reconnaître que, parfois, les règles de procédure sont violées par nous-mêmes. Nous n’avons donc pas d’autre solution que d’appliquer la loi en mettant ces personnes en liberté. »

Parmi les bénéficiaires, on compte 266 hommes et 8 femmes. Plusieurs ex-détenus ont exprimé leur soulagement et leur gratitude. « Nous pensions que nous avions été oubliés. Nous tenons à remercier le ministre de la Justice et toutes les autorités », a confié l’un d’eux. Un autre, prénommé Emmanuel, a déclaré : « Au nom de mes co-détenus et en mon nom, nous ferons tout pour ne plus revenir ici. Il n’y a pas de joie à vivre ce qui se passe à l’intérieur. »

Cette opération de libération devrait s’étendre à l’ensemble des établissements pénitentiaires du pays. Elle fait suite à une enquête administrative ordonnée par le ministre de la Justice, après un rapport signalant la présence de nombreux détenus en situation irrégulière dans les prisons.

Une commission, pilotée par l’Inspection générale des services du ministère de la Justice, a été mise en place. Les conclusions de ses travaux ont conduit à la remise en liberté de ces 274 détenus.