Libreville – À moins de 365 jours de l’entrée en vigueur de l’interdiction d’importation du poulet de chair au Gabon, prévue pour le 1er janvier 2027, le gouvernement accélère la préparation du secteur avicole national. Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural a effectué une visite d’imprégnation dans plusieurs fermes de la province de l’Estuaire, afin de dresser un inventaire précis des structures de production existantes.
Cette descente sur le terrain, menée en compagnie de membres du gouvernement, a permis d’avoir une vision claire et réaliste du dispositif avicole national, dans un contexte marqué par l’ambition d’atteindre l’autosuffisance en poulet de chair.
Un inventaire méthodique pour mieux préparer l’avenir
À l’image du parcours récemment effectué par le chef de l’État, le ministre a tenu à se rendre personnellement dans les exploitations afin de mesurer les réalités du terrain. « Nous voulions nous rendre compte par nous-mêmes des difficultés auxquelles les exploitants sont confrontés », a-t-il expliqué.
Plusieurs contraintes majeures ont été identifiées au cours des échanges avec les professionnels du secteur, notamment :
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les difficultés d’accès aux exploitations ;
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le déficit en ressources humaines qualifiées ;
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les problèmes liés à l’électricité et à l’approvisionnement en eau ;
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l’accès limité aux financements.
Ces constats permettront, selon le ministre, d’affiner les solutions déjà à l’étude et de répondre efficacement à la mesure d’arrêt des importations de poulet de chair à l’horizon 2027. « Quel patrimoine avicole avons-nous et quelles solutions concrètes apporter pour atteindre nos objectifs ? », s’est-il interrogé.
Une immersion au cœur de la filière avicole
Au terme d’une journée marathon, le ministre a visité plusieurs structures clés impliquées dans le processus de production du poulet de chair, allant de la production de poussins à l’élevage.
Au contact direct des professionnels, le patron du département de l’Agriculture et de l’Élevage a réaffirmé sa détermination à atteindre les objectifs fixés par le gouvernement dans les délais impartis.
« Nous sommes au cœur du processus de production. Aujourd’hui, nous produisons environ 4 500 poussins par an, mais avec les équipements actuels, nous pouvons atteindre 700 000 poussins. Nous sommes même prêts, au niveau de la SMAG, à doubler notre capacité », a indiqué un responsable de la filière.
Une mesure stratégique pour la sécurité alimentaire
Les acteurs du secteur avicole se disent prêts à collaborer étroitement avec le ministère de l’Élevage et les autres partenaires de l’administration afin de réussir le pari de l’arrêt des importations.
Cette mesure, jugée salutaire, permettra non seulement au Gabon de réaliser des économies substantielles, mais surtout d’amorcer de manière concrète son processus de sécurité et de souveraineté alimentaire, un axe stratégique du développement national.
À un an de l’échéance, le gouvernement entend désormais transformer les constats de terrain en actions concrètes pour garantir une production locale capable de répondre durablement aux besoins des populations.












