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Port-Gentil : Pascal Houangni Ambouroue s’attaque à la « mafia » des salaires à la mairie

C’est un véritable coup de pied dans la fourmilière que vient de donner le Maire de Port-Gentil. En imposant le paiement par bon de caisse pour décembre 2025, Pascal Houangni Ambouroue ne cherche pas seulement à compter ses effectifs : il tente de sauver une institution asphyxiée. Avec 90% du budget absorbé par les salaires de plus de 1000 agents et un audit accablant, l’édile a déclaré la guerre aux emplois fictifs, au prix de violentes tentatives de déstabilisation.

L’opération « mains propres » est lancée à l’Hôtel de Ville de la capitale économique, et elle fait déjà grand bruit. Les notes de service imposant la présence physique obligatoire pour le retrait des salaires (inférieurs à 500 000 FCFA) ont provoqué une onde de choc, révélant l’ampleur du désastre financier et administratif de la commune.

Un audit alarmant : la mairie au bord de l’asphyxie

Cette décision radicale de mise sous bon de caisse ne sort pas de nulle part. Elle s’appuie sur les premiers résultats d’un audit interne en cours, dont les chiffres donnent le vertige.

Selon nos informations, la mairie de Port-Gentil compte officiellement plus de 1 000 agents. Le coût de cette pléthore d’effectifs est exorbitant : la masse salariale engloutit à elle seule près de 90 % du budget de fonctionnement.

Le constat est amer pour les Port-Gentillais : il ne reste quasiment aucune marge de manœuvre pour l’investissement. Cette hémorragie financière explique pourquoi la municipalité manque cruellement de matériel roulant et d’équipements de base pour assurer ses missions premières, notamment l’embellissement de la ville et l’assainissement, laissant la cité pétrolière dans un état de dégradation que les populations déplorent quotidiennement.

65% d’absents : où sont passés les agents ?

La mesure de contrôle physique porte déjà ses fruits, confirmant les soupçons les plus lourds. Selon des sources internes, sur les premières vagues de paiement organisées cette semaine, seuls 35 à 40 %, environ, des agents attendus se sont présentés pour récupérer leurs bons. D’autant que pour cette opération, l’édile a interdit les procurations.

Ce taux d’absence massif met en lumière une réalité connue de tous mais jamais affrontée : la prolifération d’agents fantômes. De nombreuses personnes émargeant au budget de la mairie exerceraient en réalité d’autres activités professionnelles à temps plein. Pire encore, certaines ne résideraient même plus à Port-Gentil depuis des années, continuant pourtant de percevoir mensuellement leurs salaires publics.

Un climat de tension et de déstabilisation

La fin de la récréation ne se fait pas sans heurts. Cette décision courageuse a créé de vifs remous dans la ville, bousculant des habitudes ancrées et des réseaux d’influence.

En fermant le robinet des emplois de complaisance, Pascal Houangni Ambouroue s’est attiré les foudres de nombreux mécontents. Selon des sources concordantes, l’édile ferait face à d’intenses pressions et à des manœuvres de déstabilisation orchestrées par ceux — y compris certains responsables locaux — dont les intérêts ou ceux de leurs proches sont directement menacés par ce retour à la légalité.

Malgré ce climat hostile, le Maire semble déterminé à poursuivre l’assainissement des finances locales.

L’issue de ce bras de fer déterminera si la Mairie de Port-Gentil pourra enfin dégager les moyens nécessaires au développement de la ville, ou si le poids des intérêts particuliers continuera de l’emporter sur l’intérêt général.