Ce vendredi 28 novembre 2025, le conseil municipal de Port-Gentil a confirmé l’élection de Pascal Houangni Ambouroue comme maire de la capitale économique du Gabon. Élu à l’unanimité après un vote à bulletin secret, il met un terme au feuilleton qui a secoué la cité pétrolière ces dernières semaines — et lance un appel à l’unité et au travail concret pour sa ville.
L’élection initiale, tenue le 9 novembre, avait porté Houangni à la mairie, mais le scrutin — organisé à main levée — avait immédiatement été contesté. Dans une requête adressée au gouverneur de l’Ogooué-Maritime, un conseiller municipal issu du même parti, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), dénonçait une « violation manifeste » de la loi organique 001/2014 relative à la décentralisation, réaffirmée par le code électoral de 2025 : l’élection d’un maire doit se faire au scrutin secret et uninominal. La requête a provoqué l’annulation de l’élection par le ministère de l’Intérieur et la convocation d’un nouveau vote le 28 novembre. Bien que légitime du point de vue de la loi, cette dénonciation provenant de l’un de ses « compagnons bâtisseurs » a surpris plus d’un, et a été qualifiée par certains comme ultime manoeuvre politique visant à empêcher l’élection de Houangni Ambouroue.
Entre harcèlement et xénophobie
Durant les jours qui ont suivi la première élection, Pascal Houangni a fait l’objet de nombreuses critiques virulentes, souvent teintées de xénophobie ou de personnalisation excessive. Certaines attaques rappellent la campagne haineuse menée contre un autre élu au sommet de l’État — Michel Onanga Ndiaye — désormais Président de l’Assemblée nationale. Ces méthodes d’intimidation politique, fondées moins sur les idées que sur l’origine ou l’identité, traduisent une forme de rejet du débat démocratique au profit de polémiques stériles.
Un discours d’apaisement et de responsabilité
À l’annonce de sa réélection, à 100% des suffrages exprimés, Pascal Houangni a livré un message clair : il entend tourner la page des divisions. Dans son allocution, il a notamment déclaré :
« Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus aux discours ni aux polémiques inutiles. L’heure n’est pas aux divisions mais à la réflexion collective sur la manière dont nous pouvons relever les défis auxquels notre belle Port-Gentil fait face. »
Il a ainsi appelé ses concitoyens à se concentrer sur les urgences concrètes de la ville — diversification économique, lutte contre le chômage, assainissement, accès à l’eau potable et à l’électricité — plutôt que sur des querelles politiciennes.
Port-Gentil : un nouveau départ
Avec cette réélection validée, Pascal Houangni Ambouroue hérite d’un mandat plus légitime qu’auparavant. La pression reste forte : les attentes sont élevées. Mais son appel à l’unité et à la responsabilité collective — s’il est suivi d’actes — pourrait marquer le début d’une ère de gouvernance tournée vers l’action plutôt que la contestation.