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CECA-GADIS en crise : la chute du département Gaboprix provoque la fermeture de 43 magasins

Le groupe CECA-GADIS traverse l’une des pires crises financières de son histoire. La direction confirme que les mauvais résultats du département Gaboprix ont contraint l’enseigne à fermer 43 points de vente à travers le pays. Une décision lourde, qui vise à éviter l’effondrement total du groupe et la perte de plus de 2 000 emplois.

Le paysage commercial gabonais est sous le choc. La CECA-GADIS, acteur historique de la grande distribution, a annoncé la fermeture de 43 magasins sur l’ensemble du territoire. Dans un entretien accordé au journal L’Union, la directrice générale Isabelle Essonghe a identifié la source principale de cette crise : la contre-performance persistante du département Gaboprix, qui regroupe les enseignes CECADO, MAXIGROS, INTERGROS et GABOPRIX.

Les chiffres révélés sont sans appel. Le chiffre d’affaires du département a reculé de 4,8 % en 2024, suivi d’une dégradation de 13 % du résultat d’exploitation par rapport à l’année précédente. La situation est encore plus alarmante pour le résultat net, qui accuse un recul de 18 %, soit la plus forte perte enregistrée au sein du groupe.

Selon Isabelle Essonghe, Gaboprix est déficitaire depuis plusieurs années, grevant lourdement la santé financière globale de CECA-GADIS. Elle avertit que sans mesures fortes, ces pertes pourraient « entraîner, à très court terme, la chute de la CECA-GADIS », mettant en péril plus de 2 000 emplois directs et indirects, en majorité nationaux.

Face à un tel risque, la direction a pris une décision radicale : réduire drastiquement le réseau de points de vente. Un choix douloureux, mais présenté comme indispensable pour éviter un scénario de faillite massive.

La directrice générale pointe également l’évolution du contexte économique national. L’arrêt des exonérations et la rationalisation des subventions publiques ont fragilisé le modèle économique du groupe. Pendant des décennies, ces soutiens avaient permis à CECA-GADIS de maintenir des magasins, parfois non rentables, dans des localités reculées.

« Aujourd’hui, nous ne pouvons plus compter sur l’accompagnement de l’État », souligne-t-elle. « Sans rentabilité économique, nous ne pouvons plus maintenir l’ensemble de nos exploitations. »

Pour le groupe, cette restructuration vise donc à préserver ce qui peut encore l’être, afin de stabiliser ses activités et préserver le cœur de ses emplois. Reste désormais à savoir si cette cure d’austérité suffira à redresser la barre d’une entreprise qui occupe, depuis plusieurs décennies, une place centrale dans la distribution alimentaire au Gabon.