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Le rideau se baisse sur l’Assemblée nationale de transition après deux ans de service législatif

Après 746 jours d’activité, l’Assemblée nationale de transition du Gabon a tenu sa cérémonie de clôture ce 13 novembre 2025. Ses députés, nommés ­tous azimuts après le coup d’État de 2023, rendent désormais leurs mandats. Un bilan de haute intensité, mais aussi un départ vers l’inconnu.

Ce jeudi 13 novembre, l’Assemblée nationale de transition a officiellement tiré sa révérence. Mise en place à la suite du coup d’État d’août 2023, cette institution avait pour mission de légiférer « en période exceptionnelle » et de jeter les bases d’un retour à l’ordre constitutionnel. Le président de cette chambre, Jean-François Ndongou, a pris la parole pour dresser le bilan des deux années passées à sièger et à voter des textes dans un contexte de forte instabilité.

Durant ces près de 746 jours, la maison législative a examiné 105 textes, dont 85 ont été adoptés. Parmi les lois marquantes figurent la nouvelle Constitution, la loi de finances pour 2026 et plusieurs réformes structurelles jugées incontournables par l’exécutif. Le président de l’Assemblée a salué l’engagement des députés : « Même dans les périodes d’incertitude, l’avenir pouvait être reconstruit sur des bases solides », a-t-il déclaré devant une assemblée empreinte de solennité.

La transition parlementaire avait cependant un caractère propre : ses membres n’étaient pas élus mais nommés, dans l’attente de scrutins législatifs à venir. Leur mandat aura marqué une parenthèse institutionnelle durant laquelle la législation et la gouvernance ont connu un rythme soutenu. Le contexte de cette action législative d’exception ne doit pas faire oublier une forte pression : les attentes sociales et la montée des enjeux de gouvernance ont placé la transition sous observation constante.

La fin des travaux de cette Assemblée ouvre désormais la voie à une nouvelle législature élue, signe d’un retour progressif à la normalisation des institutions démocratiques. Dans son discours de clôture, le président Ndongou a souligné l’importance de la relève :

« La relève est là ; chacun doit, à son niveau, poursuivre la construction d’un Gabon plus juste, plus démocratique et plus uni ». Il a remercié l’ensemble des députés pour leur « engagement patriotique » et leur « service loyal en période critique ».

Ce départ marque aussi un moment de vérité pour la transition : les textes adoptés devront désormais être mis en œuvre. La responsabilité bascule vers une nouvelle génération d’élus qui devra démontrer que légiférer dans l’urgence ne remplace pas la responsabilité, la qualité et la redevabilité.

Ainsi, après deux années de service, l’Assemblée nationale de transition rend le tablier. Le Gabon se tient à un carrefour : celui d’un passage vers des institutions élues et d’un retour à la vie parlementaire ordinaire. Reste à voir si cette phase marquée par la législation massive saura ouvrir la voie à un apaisement durable et à un Parlement véritablement renouvelé.